Libre accès à WhatsApp pour les assistants d’IA concurrents de Meta AI : « mesures conservatoires »

Ce n’est que la deuxième fois depuis l’affaire « Broadcom » en 2019 que la Commission européenne impose des « mesures conservatoires » en matière de concurrence. Cette fois elles s’imposent à Meta Platforms pour ouvrir WhatsApp aux concurrents IA de Meta AI. L’enquête sur le fond se poursuit.

Les mesures conservatoires prises à l’encontre de Meta Platforms sont exceptionnelles : « Il est vrai que nous n’utilisons pas ces pouvoirs très souvent. La dernière fois remonte à 2019. Lorsque nous [y] recourons, nous veillons à ce qu’elles soient nécessaires et à ne pas imposer de charge disproportionnée. Mais lorsqu’il s’avère indispensable d’y avoir recours, comme c’est le cas en l’espèce [envers Meta Platforms], nous le faisons. […] Les mesures adoptées aujourd’hui resteront en vigueur jusqu’au terme de notre enquête ou, au plus tard, jusqu’en juin 2029, soit dans trois ans », a précisé le 9 juin 2026 à Bruxelles Teresa Ribera (photo), vice-présidente exécutive de la Commission européenne, en charge de la transition propre, juste et compétitive.

Poke, Luzia, Agentik et OpenAI contre Meta
Rarement utilisées par Bruxelles, les « interim measures » (mesures conservatoires) consistent pour Meta Platforms à préserver le libre accès à WhatsApp pour les assistants d’IA concurrents (1). A l’origine de cette affaire, qui se poursuit au fond, se trouvent trois entreprises concurrentes de Meta AI : la start-up américaine The Interaction Company qui édite l’assistant d’IA Poke, la start-up espagnole Luzia qui est basée à Madrid, et la start-up française Agentik qui développe un système d’exploitation multi-agents spécialisés (Agentik OS).
Selon les informations de Edition Multimédi@, deux d’entre elles – Poke et Luzia – ont porté plainte directement auprès de la Commission européenne contre le géant américain dont le siège dans l’UE est à Dublin, en Irlande. Tandis que la troisième – Agentik – intervient comme Continuer la lecture

La licorne Figure AI ambitionne d’être l’Apple des robots humanoïdes de la nouvelle génération

Pourtant parmi les pionniers des robots humanoïdes dans le monde, la start-up californienne Figure AI n’était pas présente à la 10e édition du salon VivaTech à Paris. Or le fabricant fondé en 2022 par Brett Adcock, et valorisé 39 milliards de dollars, pourrait devenir l’« Apple » de la génération humanoïde.

VivaTech a beau vouloir être la « Samaritaine » de la tech, allant jusqu’à faire danser sur scène des robots humanoïdes d’Unitree Robotics (fabricant chinois et numéro un mondial dans ce domaine) au risque de provoquer des incidents (comme le 17 juin 2026 avec la chute d’écrans), il y a toujours de grands absents. Alors que l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes étaient parmi les principales attractions de la 10e édition (17 au 20 juin) de ce grand rendez-vous co-organisé chaque année à Paris par Publicis et Les Echos-Le Parisien, la licorne américaine Figure AI faisait partie de ceux qui n’avaient pas fait le déplacement.
Pourtant, ce fabricant californien de robots polyvalents à forme et capacités humaines, fondé en 2022 par Brett Adcock (photo), aurait pu y faire sensation. L’entreprise basée dans la région de la baie de San Francisco est valorisée 39 milliards de dollars depuis sa dernière levée de fonds en septembre 2025 pour plus de 1 milliard de dollars, obtenus lors d’un tour de table mené par la société newyorkaise de capital-risque Parkway Venture Capital auprès d’investisseurs tels que Nvidia, Intel, Qualcomm, Salesforce, T-Mobile, LG ou encore les fonds Brookfield, Macquarie, Align et Tamarack.

Nvidia, Intel, OpenAI, Qualcomm, Jeff Bezos, …
« Figure est l’Apple de cette génération. Un goût et un design impeccables qui imprégneront chaque foyer. Vous ne voudrez pas d’un humanoïde bon marché, vous voudrez un Figure », avait lancé fin mai (1) l’investisseur et entrepreneur américain Andrew Kang, lequel venait d’être recruté comme PDG de RoboStrategy (FP Strategies), un fonds qui détient une participation minoritaire au capital de Figure AI – l’investissement le plus important de son portefeuille très orienté robotique et IA physique (2). Le tweet de Andrew Kang n’a d’ailleurs pas échappé à Brett Adcock, qui l’a republié auprès des plus de 167.560 abonnés à son compte LinkedIn (3). Faire de « Figure » e nouvel « Apple » de l’ère humanoïde est osé mais cette comparaison souligne l’ambition de ce fabricant qui est devenu licorne en février 2024 grâce à un premier afflux d’argent frais provenant de Microsoft, d’OpenAI, de Nvidia, d’Intel et même de Jeff Bezos via Bezos Expeditions (4). Figure AI fabrique des robots humanoïdes au (suite) design épuré (géométrie affinée) et esthétique (beau à regarder), avec des couleurs sobres – gris clair et noir. Comme les iPhone, les « Figure » offrent une simplicité d’utilisation, que cela soit à l’usine ou à domicile.

Design épuré et esthétique comme l’« iPhone 1 »
Le prochain modèle Figure 04 (F.04), dont le « gel du design » (full design lock) a été annoncé mi-mai pour un déploiement qui pourrait débuter d’ici la fin de l’année, a été présenté par Brett Adcock qui a lui-même fait référence à Apple : « Le Figure 04 va représenter de loin le plus grand bond en avant que nous ayons jamais réalisé. Nous en sommes encore vraiment au tout début. C’est comme si on était encore à l’ère des téléphones à clapet et qu’on entrait maintenant dans le moment iPhone 1. Je pense que le Figure 04 sera peut-être notre premier véritable « “moment iPhone 1” », a-t-il expliqué au média Sourcery de Molly O’Shea (5). Il pense aussi que les robots humanoïdes pourraient atteindre – « avant tout autre format » – une intelligence équivalente ou supérieure à celle de l’humaine, ou AGI (Artificial General Intelligence). Quant aux développements, ils se font avec des réseaux de neurones – plutôt que de coder manuellement chaque mouvement comme cela se faisait auparavant – pour une meilleure dextérité, une adaptation en temps réel, et une évolutivité via les données.
Autant jusqu’en 2024 avec Figure 01 le fabricant utilisait le modèle neuronal multimodal d’OpenAI (VLM), autant depuis 2025 avec les modèles Figure 02 et Figure 03 il a recours à son propre système d’IA – Helix – pour l’intelligence incarnée et le contrôle neuronal étendu aujourd’hui à tout le corps, grâce à son modèle humanoïde VisionLangage-Action (VLA). « Helix contrôle la boucle complète : perception, mouvement et raisonnement, à bord et en temps réel. Cela permet à la Figure 03 de considérer et d’exécuter des tâches seule, sans suivre un script », assure Figure AI (6). Brett Adcock a laissé entendre que le prochain Figure 04 est conçu pour fonctionner avec Helix 03 qui n’a pas encore été annoncé publiquement. Et la licorne, contrairement cette fois à Apple, ne fabrique pas en Chine ni à Taïwan : le fabricant d’humanoïdes polyvalents dispose de sa propre méga-usine de près de 10.000 mètres carrés, baptisée BotQ (pour robot et « Q » de quality) et implantée à San Jose (Californie), sur le campus de l’entreprise. Fonctionnelle depuis 2025, sa chaîne d’assemblage automatisée est capable de produire jusqu’à 12.000 humanoïdes par an. « Ce n’est que le début. […] Les robots humanoïdes de Figure seront utilisés dans notre processus de fabrication pour construire d’autres robots humanoïdes [robots building robots] », a précisé le fabricant, dont la cadence augmente pour parvenir à terme à la production de masse d’humanoïdes avec une capacité de production de 100.000 unités par an. Pour l’heure, les clients sont industriels tels que le constructeur de véhicules BMW ou le conglomérat Catalyst Brands (propriété de Brookfield) de marques grand public. Le modèle économique de Figure AI s’apparente à du Robot-as-a-Service (RaaS), ou leasing, plutôt qu’à de la vente simple, afin de maximiser l’utilisation et la collecte de données. « Cela inclut la collecte de données de vidéos humaines et d’entrées sensorielles multimodales, afin d’améliorer la compréhension et le fonctionnement des robots dans des environnements complexes et dynamiques. Ces ensembles de données réels sont essentiels pour faire évoluer les capacités de Helix », précise le fabricant.
Le PDG de Figure AI, Brett Adcock (40 ans), est un serial-entrepreneur (Hark, Cover, Archer Aviation, Vettery, Street of Walls ou encore Working.io), mais cette fois, avec Figure AI, il pense avoir trouvé la martingale technologique avec les robots humanoïdes. Le potentiel est énorme, selon lui : « La vision de Figure est de déployer des robots humanoïdes autonomes à l’échelle mondiale pour résoudre les défis de l’économie du travail. Nous imaginons un avenir où les robots humanoïdes seraient l’interface universelle dans le monde physique. Au début, notre humanoïde sera déployé dans la main-d’œuvre pour accomplir des tâches d’entreprise dans des zones où la main-d’œuvre est importante et les emplois indésirables ou dangereux. A plus long terme, les humanoïdes joueront un rôle important dans de nombreux domaines, tels que l’aide aux individus à la maison, le soin des personnes âgées et la construction de nouveaux mondes sur d’autres planètes » (7).

Chez Figure AI, les robots dépassent les humains
Côté chiffre d’affaires, Figure AI n’en a toujours pas communiqué – même si le fabricant est sorti de sa phrase « pre-revenue ». L’offre Robot-as-a-Service (RaaS) ou le leasing de Figure 3.0 puis de Figure 4.0 devraient porter leurs fruits à partir de 2026 et 2027, au fur et à mesure de la montée en puissance de la production et des déploiements plus larges auprès des industriels puis des particuliers. « Pour la première fois, les robots surpassent désormais les humains en nombre chez Figure », a signalé Brett Adcock le 19 juin dernier (8), précisant le 20 juin (9) que sur quelque 600 humains travaillant pour Figure AI à ce jour, « environ 314 employés sont salariés, le reste étant des collaborateurs horaires sous contrat ». Une révolution humanoïde est en marche. @

Charles de Laubier

L’édition française vend moins de papier et d’ebooks

En fait. Le 25 juin, le SNE a tenu son AG où ont été publiés son rapport d’activité et les chiffres de l’édition française. Paradoxe : les exemplaires papier vendus continuent de baisser (- 1,49 % en 2025) «à cause des écrans », tandis que les éditeurs négligent les livres numériques (seulement 10 % du marché).

En clair. L’activité des maisons d’édition françaises – dont 150 d’entre elles représentant près de 500 marques éditoriales ont été interrogées par le Syndicat national de l’édition (SNE) – reste paradoxale en 2025 : d’un côté, les ventes d’exemplaires – imprimés pour l’essentiel – sont encore en recul et pour la quatrième année consécutive (- 1,49 %, à 419,6 millions d’unités) ; de l’autre, le chiffre d’affaires de l’édition numérique est en repli pour se retrouver dans une quasi-stagnation post-covid (- 1,18 %, à 275,3 millions d’euros).
Outre « la progression des livres d’occasion », le président du SNE, Vincent Montagne, explique la baisse du volume de livres papier vendus par « les habitudes de vie favorisant le temps derrière des écrans (1) au détriment de la lecture en France dans toutes les catégories d’âge ». C’est alors à se demander pourquoi les maisons d’édition françaises ne misent pas plus sur les ebooks susceptibles d’être lus sur tous les écrans justement ? Autrement dit, pourquoi les Hachette Livre (50 maisons d’édition), Editis (55), Média-Participations (40), Madrigall (15) et autres Albin Michel ou Actes Sud ne vont pas vraiment à la rencontre des lecteurs et lectrices sur les écrans – qu’ils soient « adolécrans » (2) ou moins jeunes ? Cela tient (suite) au choix structurel et culturel de la France, partagé avec une grande partie de l’Europe, ce qui tranche nettement avec les modèles anglo-saxon et asiatique : alors que la part de marché des ebooks en France ne dépasse pas les 10 %, elle peut atteindre 25 % aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, voire plus de 25 % en Chine.
En France, « l’exception culturelle » et la loi du prix unique (loi « Lang ») empêchent de proposer des livres numériques à des prix plus attractifs. Applicable aussi aux ebooks, cette loi Lang impose que ce soit l’éditeur – et non le revendeur (Amazon, Fnac, Kobo, …) – qui en fixe le prix. Ces deux « boucliers » préservent en outre les positions acquises, voire dominante, des grands groupes d’édition papier. Quant aux Syndicat de la librairie française (SLF), il défend bec et ongles le réseau des points de vente de livres imprimés. Résultat : depuis des années (3), le livre numérique est relégué au second plan des stratégies marketing des éditeurs français, qui restent en position défensive face à la dématérialisation des livres. @

Le jeu vidéo dépasse les 200 milliards de $ en 2025

En fait. Le 18 juin, le cabinet d’études néerlandais Newzoo – qui avait revu deux fois ses prévisions à la hausse l’an dernier – indique que le marché mondial du jeu vidéo a franchi la barre des 200 milliards de dollars en 2025. Les ventes pour PC et sur mobile ont contribué à une hausse de + 9,1 % sur un an.

En clair. « Le marché mondial du jeu vidéo a clôturé l’année 2025 à 201,6 milliards de dollars (+ 9,1% sur un an), franchissant ainsi la barre des 200 milliards pour la toute première fois », a annoncé Michiel Buijsman, analyste principal au sein du cabinet d’études néerlandais Newzoo, à l’occasion de la publication le 18 juin 2026 du bilan définitif de l’année 2025. Et de préciser : « Ce résultat dépasse les prévisions initiales [les 200 milliards étaient prévus pour 2027, ndlr (1)], porté par le segment PC qui enregistre le taux de croissance le plus élevé de son histoire. De son côté, le marché mobile a surperformé grâce aux ventes directes aux consommateurs (D2C), à l’essor des mini-jeux et aux revenus de Tencent. Le segment des consoles affiche, lui, une croissance plus modeste, freiné par les performances en demi-teinte des jeux-services (live service) et des revenus inférieurs aux attentes pour l’écosystème Nintendo » (2). Sur le marché total 2025 : (suite) les ventes de jeux vidéo sur mobile pèsent 56 %, en hausse de + 10,7 % sur un an, à 113,3 milliards de dollars ; les ventes sur console arrivent loin derrière en seconde position avec 44,7 milliards de dollars de revenus, en hausse de + 2,8 % ; les ventes sur PC vont presque jeu égal avec les consoles avec 43,6 milliards de dollars, avec un bon de + 12 %. L’Asie-Pacifique continue d’être largement le premier marché mondial du jeu vidéo (voir graphique). @

Société civile des auteurs multimédia (Scam), 45 ans : des perceptions 2025 record… sans l’IA

La Scam a collecté en 2025 un montant à nouveau record au titre des droits d’auteur (+ 2,6 %), à près de 128 millions d’euros. Du jamais vu depuis la création en 1981 de cet organisme de gestion collective. Près de 70 % viennent de l’audiovisuel. Le numérique accélère : en attendant les IA génératives.

« La Scam prend à bras-le-corps le tournant majeur qu’est l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) dans nos métiers : dans le secteur audiovisuel notamment, à son initiative, auteurices et producteurices disposent désormais de clauses types sur l’utilisation de l’IA à intégrer dans les contrats », ont assuré la présidente, Anja Unger, et le directeur général, Hervé Rony (photo), de la Société civile des auteurs multimédia (Scam), dans leur éditorial d’introduction du rapport d’activité 2025, lequel a été approuvé le 17 juin par l’assemblée générale de cette organisation de gestion collective (OGC) des droits d’auteurs.

IA : la Scam menace de saisir la justice
Car le nouveau grand défi de la Scam – comme tout le monde de la culture, de l’audiovisuel et de la création – est bien l’IA. Et la Scam a déjà prévenu que « si cela s’avère nécessaire, elle n’hésitera pas à faire appel à la justice comme d’autres OGC l’ont fait en Europe ». Pour l’heure, en Europe, seule la Gema en Allemagne – l’équivalent en taille de la Sacem en France (1) – a remporté une bataille judiciaire contre OpenAI (ChatGPT). Or, maintenant que la proposition de loi instituant une « présomption d’utilisation des contenus culturels par les systèmes d’intelligence artificielle » (2), a été renvoyée aux calendes grecques avant même d’avoir été examinée le 11 juin 2026, la Scam pourrait mettre sa menace judiciaire à exécution. Contacté sur ce point par Edition Multimédi@, le directeur général de la Société civile des auteurs multimédia, Hervé Rony, ne nous a pas répondu.
Surtout que cette proposition de loi « Présomption » était (suite) très attendue par les industries culturelles et les OGC de l’Hexagone (outre la Scam, la Sacem, la SACD, l’Adami, la Spedidam, la Sofia, …). Ce texte législatif prévoit qu’en l’absence de transparence de la part de fournisseurs d’IA, les ayants droit peuvent faire valoir une « présomption réfragable » (3) que toute œuvre protégée par le droit d’auteur a été utilisée à des fins d’entraînement et d’exploitation de l’IA. Alors que cette disposition était soutenue par plusieurs dizaines d’organisations de la culture et des médias (4), la Scam a exprimé son courroux : « Cet examen n’aura pas lieu : sept députés macronistes (groupe EPR [de Gabriel Attal]) – en tête desquels Paul Midy (43 amendements), Guillaume Kasbarian (23 amendements) et Prisca Thévenot (12 amendements) – ont déposé plus de 100 amendements sur un texte qui ne comporte qu’un article unique (5). Cette avalanche d’amendements ne vise en rien à améliorer le dispositif. Elle relève d’une manœuvre d’obstruction ». La Scam a aussi fustigé « cet abandon voulu par Gabriel Attal [qui] a été de facto avalisé par la ministre de la Culture » (6), Catherine Pégard, à qui la société de gestion collective des droits d’auteur et droits voisins avait demandé le 27 février 2026 après la nomination de la nouvelle locataire de la rue de Valois (7) « une adoption dans notre droit interne d’une présomption d’utilisation des œuvres protégées par les solutions d’intelligence artificielle afin de faire face à leur pillage massif et généralisé ». En vain. Comme si, au nom de l’innovation technologique chère à la Start-up Nation d’Emmanuel Macron et à la licorne française Mistral AI d’Arthur Mensch (8), la propriété intellectuelle et l’intelligence artificielle étaient irréconciliables.
Et ce n’est faute pour la Scam d’essayer de négocier des licences avec les IA génératives. Aux côtés de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Scam dit avoir contacté « près de 180 entreprises du secteur de l’intelligence artificielle pour faire respecter le droit des auteurs et des autrices ». Les deux OGC s’étaient d’ailleurs réjouies à l’automne dernier de la décision rendue le 11 novembre 2025 par le tribunal régional de Munich dans le cadre de la procédure engagée par la GEMA contre OpenAI : pour la première fois en Europe, la justice reconnaissait clairement que l’utilisation d’œuvres protégées par des systèmes d’IA générative sans autorisation constitue une contrefaçon (9).

Echec des « démarches communes » SACD-Scam
« Dans la perspective de négocier des licences communes, les échanges menés dans le cadre de la mission de concertation interministérielle entre ayants droit et entreprises d’IA se sont soldés par un échec », regrette la Scam à l’occasion de la publication de son rapport d’activité lors de son assemblée générale. Ces « démarches communes » avec la SACD ((10) avaient notamment été engagées auprès de l’ensemble des services d’IA proposant leurs services en France, appelant ces OpenAI, Google/Gemini et autres Mistra AI à « entrer désormais pleinement et de bonne foi dans une négociation qui permettrait d’assurer une utilisation des œuvres, conforme au droit d’auteur et garantissant une juste rémunération pour les auteurs » (11). @

Charles de Laubier